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Sénégal : Terre de la Teranga, le respect du surf à son paroxisme

Après avoir exploré l’Asie et l’Amérique centrale, cela faisait un petit moment que l’Afrique me titillait. Partir seule sur un continent que je ne connais pas demande un peu de préparation mentale. J’ai pas mal demandé autour de moi et les pays que l’on me recommandait : Sénégal, Ghana, Gambie et Côte d’Ivoire. Pour un tas de raisons, c’est le Sénégal qui a été mon choix final.

Voici les raisons en vrac : 

  • Plusieurs potes en revenaient et me faisaient que des louanges “accessible, humain, bonnes vagues, bon niveau”. 
  • La Teranga, j’avais entendu parler de cette notion et j’avais envie de la définir par moi-même. 
  • Vols directs depuis bordeaux -> Dakar. 
  • Je suis fan de l’artisanat (de par ma marque Sealoa) et du tissage ancestral, et je savais qu’au Sénégal on y faisait des pagnes tissés. 
  • C’est un pays qui a investi près de 10% de son budget national dans sa culture et ca c’est remarquable !

Alors j’ai pris mon boardbag et j’ai foncé.

Contexte géographique & politique

Le Sénégal, c’est la porte d’entrée de l’Afrique de l’Ouest. La presqu’île de Dakar concentre à elle seule une dizaine de spots alimentés par deux houles distinctes : la houle du Nord et la houle du Sud. Comprendre ça, c’est la base pour savoir quel spot va fonctionner selon la direction et le vent annoncé. J’utilisais Surfline, ca faisait le taf.

La Houle

La houle du Nord (novembre à avril), c’est aussi la saison sèche : 

  • vagues régulières, 
  • conditions très propres
  • peu y avoir du vent vers la fin de la saison (mars)
  • eau autour de 20°C (j’étais en mars, et avec le vent, j’ai eu assez froid avec ma 3’2 les matins, à refaire je prendrais une 4’3) et température chaude en journée et assez froides les matins / soirs (genre moins de 20°).

La houle du Sud (juin à octobre), c’est la saison des pluies : 

  • plus de puissance, plus de volume
  • les vagues sont constantes sur certains spots comme Ouakam
  • eau plus chaude.

La situation politique

Le Sénégal est un pays politiquement stable, tourné vers le tourisme depuis plusieurs décennies. Il me semble que la menace terroriste concerne surtout les zones frontalières avec le Mali. Pour Dakar et la presqu’île, là où se concentrent tous les spots de surf, j’y suis allée seule et je m’y suis sentie en sécurité. Après, j’ai l’habitude de voyager seule et je tente pas le diable ! Les seules fois où je suis sortie, j’étais avec des potes ou des locaux (chez qui je vivais), pas de bijoux et le téléphone autour du cou. Mon seul bémol réside dans le fait d’être continuellement abordée par les hommes pour “être mariée” et par le fait d’être prise pour un portefeuille sur patte. Les interactions sont intenses lorsque l’on est seule et peuvent parfois être difficiles à gérer surtout lorsque l’on est fatigué du surf sans envie particulière d’être abordée… 

spot de surf à dakar - sénégal

Les spots de surf au Sénégal

NGOR, ma pépite

Deux vagues, deux ambiances.

Ngor Right : la droite fonctionne à marée haute descendante ou montante. A marée basse, il est possible de surfer mais la vague creuse plus et faut éviter les rochers du pic, et tirer au max à droite dès le début. C’est une droite propre et puissante qui s’allume bien avec la houle du nord. Quand j’y suis allée en février, il y avait du 2-2,5 mètres, clean, cinq ou six personnes au pic. Un sacré luxe. En revanche, le spot est peu accessible aux débutants.

Ngor Left : engagée. On longe les rochers sur toute la ride. Réservée aux surfeurs expérimentés. Elle marche sur le mi-marée montant.

Sur l’île, il y a un surfcamp, ce sont eux qui occupent le spot. Il n’y a pas de location de boards, quelques restaurants, et 3 plages. L’île a une vibes chill, artistique et “à part”. Elle contraste avec la métropole Dakar, poussiéreuse et bruyante. C’est sur cette île que j’ai rencontré Mortalla, dit Tala, l’homme tranquille. Artiste, recycleur, installé sur l’île depuis 30 ans. Si tu passes surfer Ngor, va le rencontrer et découvrir son univers.

 

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ngor right on fire

La Région des Almadies, le coin “huppé” de Dakar

On accède aux spots de surf par les chemins entre les restaurants, ici pas de plage. Mais le plus facile est d’aller à La Cabane du Surfeur. Un restaurant hyper cool avec parasols et petite piscine, une restauration bonne et accessible. On peut laisser ses affaires toute la journée, surfer, manger et chiller.

Vivier

Le spot se surfe à mi-marée, marée basse. Le spot est truffé de rochers et d’oursins en quantité impressionnante. J’avais des vieux chaussons de surf car on m’avait prévenu et je les utilisais à chaque fois !

Secret Spot

Fonctionne sur le montant, mi-marée montante. C’est ici que j’ai rencontré Mour de Surf Black and White Senegal, école de surf, locations de belles boards, ambiance vraiment chill et fun à l’eau. (insta à ajouter)

Club Med

C’est une droite. Spot accessible après une one rame et une bone marche ! Bon niveau indispensable. 

Mamelles

Ouakam, un spot entre mosquée et pêcheurs

L’endroit est incroyable, le décor un des plus beaux que j’ai vu au Sénégal. Face à la mosquée, et devant le marché des pêcheurs, une gauche et une droite se forment. C’est un spot ultra engagé, accessible qu’aux confirmés, qui fonctionne lors des grandes houles. Une plaque forme le fond du pic. On part en gauche et en droite avec des rochers face au pic. Fonctionne à mi-marée montante, plutôt avec une houle de sud, relativement forte.

Le décor est saisissant : des pêcheurs sur la plage et en toile de fond, la mosquée de la Divinité, massive, presque irréelle. Un spot qui a une âme.

Nord de Dakar

Virage

Situé de l’autre côté de Ngor. La houle doit être du nord. C’est un beach break. Le vent doit être faible sinon c’est brouillon. La houle pas tro grosse sinon ca sature. C’est le spot qui est le plus protégé du vent. Y a une plage, mais cette partie de Dakar est encore très authentique et “dans son jus”. 

Yoff

Un spot plus accessible, avec une grande plage, qui fonctionne pour les débutants et intermédiaires. Mais ce qui rend Yoff vraiment spécial, c’est ce qui se passe en dehors de l’eau. C’est ici que Marta a tout construit. En 2009, elle quitte l’Italie sans plan. Six mois après, elle rencontre Aziz, découvre le surf à Yoff. À l’époque : pas d’électricité sur la plage, six cabanes, une réputation de danger. Aujourd’hui, Malika Surf Camp est une maison face à l’océan. Et surtout, l’association Shredding Kids — 40 enfants scolarisés, 15 jeunes formés comme moniteurs et juges. Certains travaillent au Maroc. D’autres sont pré-sélectionnés pour les compétitions africaines !

Le reste du Sénégal

Au-delà de Dakar, le littoral sénégalais réserve d’autres surprises. Quelques spots à noter si tu prolonges l’aventure.

Yenne

Au sud de la presqu’île, Yenne est réputée pour ses vagues plus longues et moins fréquentées. Fonctionne avec les houles du sud. 

La Somone

C’est le spot le plus “développé” du coin. Pas loin de Sally qui est une station balnéaire fréquentée, la Somone c’est un spot beach break, avec une droite qui part de la digue. L’ambiance est bonne, le niveau bon, mais tout est relatif, on reste à 6 ou 7 dans l’eau. Incontournable du coin : face au spot, le café Chez Rasta et le Coucher du soleil, on y boit, mange et chill jusqu’au coucher de soleil. Il y a une location de board, pas beaucoup dechoix mais suffisant si on a pas sa board. Ambiance village de pêcheurs, lagon à proximité. Une option si tu veux combiner surf et détente.

 

Cap Skirring en Casamance, direction le Sud

Tout au sud du pays, à la frontière avec la Guinée-Bissau. Des vagues de qualité, enfin une vague de qualité. Quand elle fonctionne, elle peut rappeler la longue droite d’Imsouane. Au milieu de la nature préservée, une atmosphère radicalement différente de Dakar. La droite part de la digue et t’emmène jusqu’au club Med.

Face au pic, il y a Victor qui a installé son bar avec quelques locations de bord, et qui donne des cours de surf. Il a un choix un peu limité de boards, je ne peux que recommander de venir avec son matériel. Victor est d’une gentillesse incroyable. On y mange du poisson frais à 3000frcs le midi et en le prévenant d’avance, il peut organiser un diner avec un feu sur la plage et du son !

La Casamance est une région très belle et très verte. La saison des pluies amène moustiques et vegétatin luxuriante, et de superbes longues vagues. En saison sèche, les mangroves restent une activité à voir et faire, et les vagues seront pas plu hautes qu’un petit mètre.

Si tu as des ajouts ou commentaires à me faire, n’hésite pas à me contacter via mon INSTAGRAM @faceandwaves

Où louer sa board au Sénégal ?

Pas besoin de voyager avec ta board si tu ne veux pas. Plusieurs options sur place :

  • Ibra (entre Secret Spot et Club Med), c’est un surfeur de Dakar sponsorisé Oxbow qui a ouvert une cahute aux Almadies. Il a un bon choix de boards. Son insta : @ibra_sambe
  • Chez Mour, à l’école Blackandwhite surf. Il a une sélection de dingue. Son insta : @surfblackandwhitesenegal
  • Île de Ngor : Il y a un surfcamp sur l’île. Je n’ai pas testé mais je pense qu’il est possible de louer des boards chez eux.
  • En Casamane : chez Victor ! choix et quantité limités mais pour une petite session, il a des mousses et 1 longboard. Son insta : @casamancesurf

Conseils pratiques pour ton surftrip au Sénégal

Le transport

  • Depuis la France : Vols directs Bordeaux → Dakar. Compter environ 5h de vol. Simple, direct, sans escale.
  • Depuis l’aéroport vers Dakar : soit taxi (dans les 20 000 frcs), soit yango (à installer en arrivant à l’aéroport, négociable à 15 000frcs), soit l’option que j’ai faite : le bus (6000frcs) Dem Dikk sans problème pour mettre la board qui te dépose à la gare routière de Yoff et finir sa route avec un yango.

Sur place à Dakar

  • Yango : c’est l’Uber local. Fonctionne bien, prix affichés à l’avance, chauffeurs sympa. Mon option principale pour les déplacements quotidiens.
  • Les bus : ultra pas chers, genre 150frcs pour un trajet des Almadies à Ngor. En revanche, impossible d‘y voyager avec sa board. On est plutôt en mode sardines.
  • Les taxis : relativement chers. Jamais pris.
  • Les clandos : voiture “clandestine”, en gros c’est des particuliers qui font taxi de façon non officielle. J’ai toujours eu du mal à comprendre leur trajet. En fait, ils font des trajets précis avec un itinéraire précis. Tu te mets au bord de la route, tu le hèles et tu lui demandes de s’arrêter quand tu t’approches de ton point. Je l’ai pris 1 fois car j’allai sur une ligne droite. Le prix est généralement de 100 frcs.

⚠️ Un détail à savoir : avec une planche et un gros bag, les contrôles de police peuvent être plus fréquents en route. Le soudoiement discret des flics n’est pas une légende, ça m’est arrivé à chaque trajet. Le flic arrête le yango, explique que “soit disant” les sièges arrière ne sont pas faits pour être rabaissés, et donc qu’il faut lâcher quelques billets. Quand Tu sais que tu paies ta course 1 ou 2€, ça me fendait le coeur à chaque fois pour le conducteur. La plupart du temps, je payais la moitié de l’amende. 

Le bateau : 

  • le Ferry pour aller en casamance. Incontournable. On y dort et mange super bien. Il faut juste faire attention car les billets ne sont pas réservables en ligne. Il faut se déplacer quelques jours avant pour l’acheter en haute période. Moi en base saison, j’ai pu l’acheter plusieurs heures avant de partir. J’ai pris une couchette de 8 réservée aux femmes. Attention au horaires, en basse saison, il n’y a que 2 trajets / semaine.
  • le petit bateau pour aller de Ngor plage à Ngor right : soit il vous lâche sur l plage soit directement sur le spot. Ça coute 2000 frcs. Souvent, je prenais leur numéro de téléphone et quand je finissais la session, je leur téléphonais. Attention pendant le ramadan, à l’heure de la rupture du Jeun, il n’y a plus de bateau. 

Les initiatives locales et Surf solidaire

Le Sénégal, c’est aussi une scène surf engagée. Des gens qui construisent, qui transmettent, qui agissent. Situ passes par le Sénégal et que tu veux y doner un peu de tn temps, n’hésite pas à aller voir : 

Marta à Shredding Kids (Yoff) : l’association de Marta qui forme des enfants au surf et à l’encadrement. Tu peux les accompagner sur une session de surf, leur faire des photos, l’aider pour les cours ou les soutenir ou donner du matériel.

Moussa à Deguele Skatepark (Ngor) : fondé par Moussa, premier skatepark du Sénégal. 92 élèves, un skateshop, des pré-sélectionnés pour les JO de la Jeunesse Dakar 2026.

Tu voyages avec une vieille planche ou du matos à donner ? Ces asso en ont besoin.

Envie d’un break de surf ? Quoi faire et voir au Sénégal

Le Sénégal, c’est bien plus que des vagues. Entre deux sessions, voilà ce qui vaut le détour.

  • L’île de Gorée : À 20 minutes en ferry depuis Dakar sud, le Plateau. L’île de la mémoire, maisons coloniales colorées, Maison des Esclaves, atmosphère hors du temps. Incontournable.
  • Le marché Sandaga / Kermel à Dakar Plateau : L’artisanat sénégalais dans toute sa splendeur. Tissus, pagnes tissés, bijoux, sculptures. Prévoir du temps et l’art de la négociation.
  • L’île de Ngor : Même sans surfer, c’est un havre de paix. Se balader, manger du poisson grillé, rencontrer Mortalla et ses lampes recyclées. Une demi-journée minimum.
  • Le Deguele Skatepark (Ngor) : premier skatepark du Sénégal. Ambiance unique, kids qui envoient, énergie folle.
  • La gastronomie : Le thiéboudiène (riz au poisson) est le plat national. Ne repars pas sans en avoir mangé. Les restaurants de l’île de Ngor sont excellents.
  • Se balader dans les mangroves en Casamance : dormir une nuit dans le campement de l’île d’Egueye
  • Saint Louis : ville coloniale, et si tu peux faire le Festival du Jazz en mai, incroyable.
  • Aller dans des bars clandestins (uniquement accompagnés de locaux)
  • Faire le Musée des Civilisations noires : pour l’histoire des civilisations et voir les expo temporaires (j’y étais pendant une expo faite que par des artistes féminines, l’art est vraiment très riche au Sénégal !)
  • Visier Toubab Dialow : village atypiques
  • Aller voir un combat de lutte en Casamance et un concours de pirogue.
payasage ile de gorée
surfeur senegal

Les 6 incontournables Surf au Sénégal

Chiller sur l’île de Ngor

Manger un poisson frais et du riz les pieds dans le sable

Se faire une session de surf solo (temps qu’il est encore possible de le faire) !

Prendre le ferry pour la Casamance et prendre le temps de …Rien faire 

Boire un jus de bissap mélangé à du gingembre 

Parler aux surfeurs locaux et kiffer leur Teranga !