Oihan, le Basque engagé pour la jeunesse mexicaine
Un passionné de surf et de sport au service des enfants de Chacahua
Oihan, originaire d’Hendaye au Pays Basque, a posé ses valises à Chacahua, petit village de la côte pacifique mexicaine, il y a maintenant plusieurs années. Sportif depuis l’enfance, surf, rugby, sauvetage côtier, football, skate, il a toujours vu le sport comme un moteur d’équilibre et de partage. « Le surf, c’est mon médicament, ça m’a aidé à canaliser mon énergie, et mes parents ont toujours encouragé cette passion », me confie-t-il. Après un premier surf trip au Maroc à 12 ans, puis de nombreux voyages au Portugal, Oihan découvre le Mexique et ses magnifiques vagues en 2020, tombe amoureux du pays… et d’une Mexicaine. Rapidement, il s’implique dans la vie locale et auprès des enfants.
De l’initiation au sport à la création d’un projet solidaire
Tout commence avec un groupe d’enfants du village, initié par un ami, Mikel, qui encadrait déjà quelques jeunes. Quand Mikel part voyager, Oihan reprend le flambeau. Il observe que, dans cette communauté afro-mexicaine, une grande partie des enfants n’a pas accès à la mer ni au sport, souvent par manque de moyens ou par peur de l’eau. Pour répondre à ce besoin, il lance l’idée d’un projet sportif associatif : « Le skate, c’est un sport qui m’a beaucoup aidé, et c’est aussi un formidable vecteur de cohésion. »
Monter un skatepark au Mexique : un parcours du combattant
En 2021, Oihan et ses partenaires locaux identifient le manque d’infrastructures sportives à Chacahua. L’objectif : offrir aux enfants un espace pour se dépenser, se retrouver, et éviter l’ennui ou les dérives.
Mais lancer un projet associatif au Mexique n’est pas simple : « Créer une association coûte cher, il faut un avocat, des démarches longues… On a donc utilisé le statut d’une asso existante pour récolter des dons et éviter les taxes. » Et, surtout, il faut convaincre la communauté et le conseil des anciens du village. « Le pire à faire est d’arriver et se comporter comme en terrain conquis. Comme si l’on savait tout faire, mieux qu’eux! Ce n’est pas l’objectif« . Oihan présente son projet devant tout le monde, le comité familial du village, insiste sur le but non lucratif, et obtient le soutien du conseil, qui lui offre un terrain de 500 m² devant l’école primaire : « C’était la première grande victoire ! »
Mobiliser les ressources pour un projet associatif bénévole : entraide, dons et énergie collective
Le financement du projet solidaire
« Je ne suis jamais seul, il y a toujours un groupe de potes autour de moi qui pousse le projet. » La logistique est parfois complexe, mais la solidarité fait la différence, « Un pote m’a aidé à descendre les skateboards en voiture jusqu’à Chacahua, sinon ça aurait coûté une fortune. » Pour financer le skatepark, Oihan active son réseau :
- Contacts avec Decathlon Mexique pour l’équipement,
- Production locale de t-shirts avec des artistes locaux (Mexique et Basque) comme la marque Katxi Klothing, Mundaka Optic, et l’artiste Surf Naked de Puerto Escondido,
- Organisation d’événements sportifs (beach volley à Hendaye) dont les bénéfices sont reversés au projet…
L’équipe bénévole du projet de skatepark
Le succès du projet repose sur l’intégration locale : « Ici, il faut d’abord créer des liens, montrer patte blanche, prouver qu’on est là pour de bon. » Oihan travaille main dans la main avec Pablo, un habitant du village, et des bénévoles internationaux comme Emils, un constructeur de skateparks venu d’Estonie.
- « Tout a commencé avec un noyau dur de trois personnes dont Emils “le cerveau” pour la technique, Pablo, le maestro pour la construction, et moi pour le relationnel et la logistique.
- Le reste ? C’est le bouche-à-oreille qui fait la magie. Le soir, on me dit : “Demain, il faut huit personnes.”
Hop, dans la soirée, j’ai mon équipe ! - Tout est local, tout est spontané : pas d’annonce officielle, juste l’envie d’aider et de faire avancer le projet entre surfeurs et touristes qui passent par là. »
Les étapes techniques, version “système D” mais carré
- « On a investi dans un topographe pour bien gérer l’inclinaison du terrain, histoire de ne pas se retrouver avec un skatepark bancal.
- Emils, lui, a tout pensé niveau architecture. Sans le plan du topographe, il n’aurait pas pu faire ses calculs.
- Le maestro, c’est le pilier du chantier. Il devait juste faire le mur… il est resté 14 jours, tous les matins à 6h30, pour que tout tienne la route. »
Les chiffres et les coûts du projet solidaire
Le budget, version transparente
- « Au début, obligé de mettre un peu de ma poche (1 000 € pour lancer les t-shirts et la trésorerie).
- Avec les événements, on essaie d’optimiser l’autofinancement (Événements, levée de fonds, Ventes de t-shirts, Dons…)
- Pour la rampe : il faut compter environ 4 à 5 000 €
- Pour tout le skatepark : on devrait arriver à 12-13 000 €
- Avec les ajouts (ping-pong, petite salle de gym pour les enfants), on vise 20-25 000 €
- Grâce à la solidarité locale, on évite plein de frais :
- Transport du matos
- Main d’œuvre
- Petits coups de pouce du village »
Pourquoi le relationnel, c’est la base
« Ici, le respect et la confiance, ça se construit sur la durée. Tu ne t’imposes pas dans une communauté en six mois. Il faut du temps, de l’écoute, et beaucoup d’humilité. Le surf attire du monde, le risque c’est la gentrification…Mais avec le collectif, on garde l’esprit du lieu. » Un bon relationnel permet des contacts, des validations officielles (et officieuses), de la main d’œuvre très souvent bénévole, qui croit en toi et dans le projet.
Un projet pour l’avenir : sport, cohésion et transmission
Au-delà de l’infrastructure, Oihan veut transmettre des valeurs : « Le skatepark, c’est un espace pour que les enfants grandissent ensemble, loin des écrans, de l’ennui ou des mauvaises habitudes. » Grâce à l’énergie collective, aux dons, à la confiance de la communauté et à la passion du sport, le projet prend vie et inspire d’autres initiatives solidaires au Mexique.
Les prochaines étapes du skatepark et de Oihan, Go with the flow
Après avoir terminé le skatepark, Oihan souhaite continuer à monter des projets solidaires, ici ou ailleurs (pourquoi pas l’Afrique un jour ?). « Je ne mets pas de pression, les sponsors, les partenaires, ça viendra avec le temps et l’énergie qu’on met dans le projet.«
Pourquoi je fais tout ça ? Spoiler : c’est pas pour l’argent
« Franchement, je mise tout sur les sourires des gamins. Voir leur bonheur, c’est mille fois mieux que n’importe quel billet. Mettre sa petite pierre, c’est ça qui compte. Si je dois partir demain, je préfère emporter de beaux souvenirs que des liasses sous la terre.«
Si tu veux retrouver et accompagner Oihan sur un futur projet, contacte-le via son Instagram et follow le compte du Skatepark pour lui apporter un max de visibilité.
Chacahua, Mexique
Chacahua, petit village isolé sur la côte pacifique de l’Oaxaca, est un véritable havre de paix pour la communauté surfista. Accessible après une traversée en barca à travers la lagune, on se retrouve dans un petit coin préservé où communauté locale jongle et reste intact au fil des touristes et des surfeurs qui passent et parfois reviennent. On y retrouve une véritable ambiance authentique de village de pêcheurs afro-mexicain. Ici, on vit au rythme du soleil et des marées : on se déplace pieds nus, on partage des soupes de lentilles et des burritos. La vague est belle, une longue droite, sur un fond de sable, pour tous les niveaux selon la houle. Les conditions y sont particulièrement bonnes de l’été jusqu’à l’automne, avec des houles venues du sud-ouest et des vents offshore qui sculptent des murs d’eau parfaits pour progresser ou simplement s’amuser.
Quelles sont les étapes pour lancer un projet solidaire ou associatif ?
Pour lancer un projet solidaire, il est essentiel de bien définir son idée, de réaliser un diagnostic des besoins, de planifier les activités, de constituer une équipe, d’identifier les partenaires locaux et de préparer un dossier solide pour présenter le projet et convaincre des financeurs. J’ai réalisé une vidéo sur ce sujet que tu trouveras sur la chaine Youtube « HelloAsso », dans la playlist « Associations : Conseils et Astuces ».
Comment trouver des financements ou organiser une collecte de fonds pour un projet solidaire ?
Pour financer un projet solidaire, il existe plusieurs solutions : solliciter des subventions auprès d’associations ou de fondations, organiser une campagne de crowdfunding, rechercher des partenaires privés, ou répondre à des appels à projets. Il est important de bien présenter son projet, d’expliquer son impact et de mobiliser son réseau pour maximiser les chances de succès.
Où trouver des ressources et de l’accompagnement pour monter un projet solidaire ?
De nombreuses structures proposent un accompagnement méthodologique, logistique et parfois financier pour aider à la conception, la mise en œuvre et l’évaluation d’un projet solidaire. Tu peux te rapprocher de structure comme Les Maisons des Associations, la Région, et consulter des sites comme HelloAsso, AssoConnect ou Associations.gouv.fr. Pour la dimension internationale, il faut obligatoirement se rapprocher de juristes spécialisés dans le monde associatif.
Quels sont les meilleurs spots pour surfer au Mexique ?
Le Mexique offre de nombreux spots de surf réputés, notamment Puerto Escondido, Sayulita, Barra de la Cruz, La Saladita et Punta Mita. Ces spots conviennent à différents niveaux, du débutant à l’expert, et offrent des vagues toute l’année.
Le Mexique est-il une destination sûre pour un surf trip ?
Oui, le Mexique est une destination de surf globalement sûre, surtout dans les régions touristiques et les spots populaires. Il est toutefois conseillé de rester vigilant, d’éviter les zones isolées la nuit et d’avoir du bon sens !








