Le fléau du plastique dans les océans, l’association indonésienne agit
« Mon rêve, c’est un océan sans plastique » Sian, 31 ans, Lombok, Indonésie
Portrait de Sian, amoureuse des océans, Indonésie
Utopique ? Oui, sûrement !
Mais connaissez-vous la fable amérindienne du petit colibri ?
Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre qui s’étendait sous leurs yeux. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation qui lui semblait dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! ». Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »
Je pense avoir rencontré un petit colibri répondant au doux nom de Sian. Laissez-moi vous raconter l’histoire de cette anglaise qui « fait sa part » en sensibilisant les touristes et locaux aux dangers du plastique dans les océans.
LOMBOK. INDONESIE. PHILIPPINES.
Lors d’un surf trip en Asie, la ville du sud de Lombok, Kuta, a été mon coup de coeur. Une ville qui m’offrait sur une vague glassy tout ce que je recherchais dans ce trip.
Pas de fioritures.
Pas de clubs.
Une vibes layback. Une population majoritairement de surfeurs.
Des buffets locaux à 1€. Deux rues faisant office de centre ville. Simple. Efficace.
Slow life.
Toutefois, et même si c’est à moindre échelle comparativement à sa petite sœur Bali, le plastique est partout.
Réel fléau national.
Ni système de déchetterie ni de recyclage mis en place. La seule méthode à disposition : brûler le plastique et les déchets. Déjà mieux que rien ?
Le problème aurait 2 origines :
- Une croissance touristique exponentielle face à un système de recyclage inexistant
- Et un manque d’information et de sensibilisation des locaux sur les néfastes dus aux déchets.
Activiste. Mais au sens noble du terme. Elle s’active à rendre son rêve réalité.
Voici ses paroles.
Claudia : « Sian, qui es-tu ? »
Sian : « Mon nom est Sian Williams, anglaise d’origine mais je vis depuis 7 et demi à Gili T, une des 3 îles au nord-est de Lombok. Avant de venir en vacances à Lombok, j’étais déjà une obsédée de plongée et des océans. J’avais pour habitude d’organiser mes trips plongée en y mêlant des actions de bénévolats. »
« Quel a été le déclencheur ? »
Sian : « J’ai réalisé 6 semaines de bénévolat au sein de Gili Eco Trust (ndlr ONG fondée en 2000) dont ma mission principale était la restauration du corail grâce à la technologie Biorock (ndlr process innovant de récif artificiel). C’est ce qu’il m’aura fallu pour tomber amoureuse de cette île.
Je suis devenue la spécialiste de la conservation dans mon centre de plongée Trawangan Dive Centre et instructrice pour payer les factures. Sensible à tout ce plastique, j’ai commencé à organiser des “nettoyages de plage”. »
« Quelle a été ta source d’inspiration ? »
Sian : « Une personne et un film. David Attenborough (ndlr écrivain, naturaliste et présentateur à la BBC né à Londres) est ma plus grande source d’inspiration. Sa passion pour l’histoire naturelle est contagieuse. Et le film Lorax (ndlr film d’animation de 2012), si tu l’as pas vu, stp regarde le ! ».
Claudia : « Pourrais-tu décrire le type d’action que tu mènes ? »
Sian : « Debris Free Friday est un mouvement que j’ai co-fondé en 2013. Mon centre de plongée m’a toujours supporté. Les gérants offraient des bières gratuitement après chaque “nettoyage de plage” aux bénévoles ;). Nous avons organisé plus de 50 nettoyages en partenariat avec une quarantaine de compagnies locales tous les vendredis et ramassé plus de 7 tonnes de déchets.
J’adorerais que chaque touriste qui vient dans ce coin passe juste une petite heure avec nous pour ramasser des déchets. C’est un super moment, hyper communautaire et enrichissant. Une petite action multiplié par beaucoup peut impacter grandement !
Je travaille depuis pour l’organisation Gili Eco Trust qui perpétue les nettoyages de plage, qui lève des fonds à travers des événements et arrange des ateliers de sensibilisation. On offre des solutions aux compagnies pour les aider à devenir “durable”, une démarche RSE et on pousse la sensibilisation environnementale dans les écoles. On essaie également d’attirer l’attention sur le tourisme de masse qui engendre la destruction des coraux. »
« Un rêve ? »
Sian : « Un océan sans plastique. Je suis heureuse de voir toutes ces organisations mondiales qui œuvrent pour cette même cause. Il n’y a ni mauvaise ni bonne façon de le faire, mais je pense que nous devons nous unir pour avoir un plus grand impact ! »
« Ton verre à toi, tu le remplirais avec quoi ? »
Sian : « Avec la biodiversité. De l’espoir et de la détermination dans nos actions. Parce que les actions résonnent plus que des mots. »
Lutter contre le plastique : la rédemption passera par les actions locales.
J’aime à penser que les actions locales, médiatisées sur les réseaux sociaux et la toile permettent à la sensibilisation, et parfois, chez certains, éveillent un désir d’agir et d’entreprendre.
Par ricochet, but ultime, elles peuvent faire bousculer le gouvernement lorsque l’information est relayée à très grande échelle et qu’influenceurs et personnalités médiatiques s’y mêlent. Je vous invite dans cette lignée à suivre le travail dénonciateur et dérangeant que réalise Hugo Clément sur son compte Instagram.
En participant à ce fleamarket dans le sud de Lombok, dans la petite ville de Kuta, j’ai rencontré Sian qui a, son échelle, bouleverse l’écosystème ! Merci à Sian, cette petite blonde, souriante et pleine de vie.
« On qualifie d’impossible les choses que l’on n’a pas vraiment envie de faire. » Mike Horn
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