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Cette femme qui se battait pour l’or blanc de son île ! 

Lokal Siargao

Le commerce équitable de la noix de coco.

Portrait de Zenaida, cette femme philippine à l’engagement local hors norme !

Si je devais vous citer 2 bonnes raisons d’aller visiter Siargao aux Philippines ? 

Le Surf et ses innombrables vagues, comme Cloud 9 et rencontrer Zenaida ! Ce petit bout de femme qui garde sa recette de glace coco secrète à l’engagement local !

Et c’est d’ailleurs pour cette raison que je suis arrivée à Siargao, petite île paradisiaque située à l’est de l’archipel des Philippines, étape qui résonnait incontournable lors de mon surf trip.

Fraîchement débarquée sur la terre ferme de l’île, j’opte comme point de chute la ville « la plus touristiquement connue » située au sud, General Luna. C’est une sorte de stratégie que j’ai mis en place lors de tous mes voyages car cela me permet :

  • d’être garantie de trouver un hébergement à faible coût pour quelques jours,
  • rencontrer un maximum de personnes, occidentaux et locaux,
  • discuter des bons plans, des coups de coeur de chacun, des spots de surf (savoir quelles marées pour quels spots) 
  • et recueillir un maximum d’informations pour partir explorer le reste de l’île ou pays (accompagnée ou seule).

Finalement, il m’aura fallu que très peu de temps pour qu’on me parle d’un petit café au nord-est de l’île, dans la ville de Burgos, où paraît-il la glace à la coco est à s’en secouer le cocotier. Quand on sait que 70% de l’île en est recouverte, je n’en doute pas une seule seconde !

Je prends la route. La claque. 

Une île quasi vierge traversée par 1 route magnifique où défilent palmiers, rizières, vagues, plages de sable blanc, petits villages. 

Il faut compter 2h en scooter de Général Luna à Pacifico, et 2h30 jusqu’à Burgos.

Arrivée à Burgos avec un français rencontré quelques jours plus tôt, je lui propose d’aller directement à Lokal, car cette glace, je veux la goûter !

Too bad, le café est fermé. 

Déçue. Mais pas pour longtemps. 

Zenaida entend du bruit, elle sort de son arrière boutique et se met à parler français avec nous.

Zoom sur ce petit bout de femme aux valeurs sociales inspirantes.

palmiers Siargao_Coconut view
coconut icecream

L’engagement de Zenaida en interview

Claudia : « Quelle est ton histoire Zenaida ? »

Zenaida : « Je suis Philippine mais je suis partie vivre quelques années en Suisse où j’ai appris le français.« 

Claudia : « Pourquoi être revenue à Siargao ?

Zenaida : « Un jour à la télévision j’ai vu un reportage sur le plastique. Cela a été une claque.

J’ai par la suite beaucoup pensé et j’ai voulu me rendre utile pour mon île. A 40 ans je suis donc rentrée.

Je me souviens quand j’étais jeune, il n’y avait pas de plastique sur nos îles.

Nous avions l’habitude de transporter nos affaires dans des sacs faits de noix de coco. Quand nous allions acheter des produits tels que le riz, nous avions nos propres contenants.

Maintenant tout est fait de plastique. »

« Ton engagement ? »

Zenaida : « Avec mon fils, nous avons décidé d’ouvrir un café, loin de General Luna. Un café avec un menu simple mais des produits de qualité et locaux. Un café locavore.

Lorsque nous avons commencé à constater l’ouverture d’épiceries vendant des produits venant de toute l’Asie, la volonté de faire travailler les personnes du village a été une évidence.

C’est alors que nous avons décidé d’ouvrir une boutique pour aider la communauté locale.

Dans cette épicerie, tu y trouveras des produits alimentaires et de première nécessité cultivés localement. Nous ne prenons pas de marge. »

 

Lokal_shop_siargao

Claudia : « D’autres projets ? »

Zenaida : « La noix de coco est omniprésente sur l’île. Mais le marché n’est pas équitable malheureusement. Pour t’expliquer, les Philippins ramassent à la main les noix de coco, les font sécher au soleil pour en extraire la chaire avec laquelle l’huile de coprah sera produite (ndlr l’huile de coprah est utilisée pour l’agroalimentaire et la cosmétologie versus huile de coco qui provient de l’eau de noix de coco maturée extraite d’une noix de coco verte).

Cette chaire est vendue à un middle man, une sorte de négociateur achetant la chaire à un prix très bas, qui ensuite, la revend aux entreprises à un taux plus élevé.

Nous avons voulu protéger la communauté locale et rendre ce business de nos terres plus équitable.

Ainsi, nous sommes en train de construire une oil factory, une usine d’huile pour acheter à la communauté locale la chaire de coco à un tarif juste, faisant ainsi sauter le maillon middle man qui casse les prix. »

« Ton verre, ni vide, ni plein, mais avec la possibilité de le remplir à l’infini, tu y mettras quoi… »

Zenaida : « Mon verre serait plein et débordant d’un rêve simple : une île propre à nouveau. Il déborderait d’amour, encore et toujours, de patience, de savoir, de rire. Je pense également que quand il s’agit d’entraide et d’enseigner autour de nous, le verre qui déborde ne serait plus une faute ni un danger, bien au contraire. Donner c’est aider et enrichissant par la même occasion. »

Merci Zenaida, quelle inspiration !

Noix de coco_Philippines-ClaudiaFragomeni

Qu’est-ce que le commerce équitable et de proximité ?

Le commerce équitable

Le commerce conventionnel international nous a permis, par exemple à nous Français, de découvrir le goût acidulé de l’ananas, la banane, le chocolat, les nouilles chinoises toute l’année, et les fraises et les tomates en plein hiver.

Il est basé sur des échanges commerciaux, des importations et exportations. Sans vouloir polémiquer sur l’aberration de manger des fraises en plein hiver plantées à 10 000 km de chez nous élevées aux pesticides et herbicides, posant un sérieux problème écologique et environnemental, le commerce conventionnel est malheureusement parfois source d’inégalités.

Certains produits et matières premières qui ne poussent pas sur la terre des occidentaux sont alors acheter à d’autres pays. À très bas prix. Créant inégalités, injustices, guerillas et monopole. Par ailleurs, je ne peux que vous recommander la série Rotten (en français Pourri) de Netflix qui révèle la face cachée du business du chocolat et de l’avocat.

Le commerce équitable aurait vu le jour en 1960 avec la création de boutiques dans certaines villes d’Amérique du Nord proposant des produits artisanaux de Haïti ou Puerto Rico. 0 fournisseur, 0 intermédiaire.

Même principe pour le chocolat bean-to-bar, le producteur (celui qui a la bean -la graine cacaotier-) vend sa matière à un distributeur qui fabriquera la bar (la tablette) et la vendra en direct. 0 intermédiaire.

D’ailleurs, c’est en 1988 que Max Havelaar créa le premier label de commerce équitable sous l’appellation de Fairtrade Label (commerce juste en français). Divers labels et collectifs ont vu le jour par la suite, pour finalement se regrouper en 2002 sous la bannière FLO, Fairtrade Labelling Organizations.

A l’heure actuelle, le commerce équitable se repose sur l’engagement de l’acheteur à payer un prix juste au producteur tout en créant une relation durable. Mais aussi, des obligations de soutenir des projets locaux et d’informer les consommateurs.

A l’inverse les producteurs, parfois regroupés sous forme de coopératives, s’engagent dans la mixité, l’interdiction totale de faire travailler des enfants, protéger l’environnement et mettre en place des projets collectifs locaux.

Le commerce de proximité

Le Journal du Net définit le commerce de proximité comme étant de la vente au détail opéré par un indépendant. Ce type de commerce s’oppose donc aux géants de la distribution ou aux franchisés. C’est un commerce fréquenté de manière quotidienne par les consommateurs.

Toutefois un commerce de proximité ne garantit ni une empreinte carbone faible ou nulle (le fleuriste du coin qui vend des fleurs provenant de Hollande ou du Brésil) ni un prix juste pour les producteurs. Pour rendre notre démarche « plus green », il faut y ajouter le qualificatif de « circuit court ».

Et les circuits courts alimentaires de proximité, qui existent depuis des siècles sous la forme du traditionnel marché de la place du village, se sont vus boboifier dans les métropoles sous forme de petites boutiques où fruits et légumes encore plein de terre sont mis en scène sur des cagettes en bois.

Sur ce sujet, L’ADEME, agence de la transition écologique, a publié un communiqué de 8 pages sur l’Alimentation – les circuits courts de proximité, au format PDF. Le principe du circuit court repose sur les mêmes principes que le commerce « fairtrade » de Max Havelaar, soit une réduction des intermédiaires ente producteur et consommateur, un prix et une rémunération plus justes, la création de liens sociaux et la sensibilisation du consommateur à l’environnement par une saisonnalité des produits et leur origine.

Seul bémol, l’empreinte carbone. Manger local ne signifie pas un bilan carbone nul. Comme l’explique l’ADEME, le transport des produits en petite quantité quotidiennement par camionnette aurait un impact plus négatif en terme d’émissions de gaz et de consommation d’énergie principalement si la logistique n’est pas optimisée. Le transport en masse opéré par les poids lourds et les cargos transocéaniques auraient un impact au prorata équivalent.

En revanche, on ne compte plus les bénéfices et avantages :

  • réduction des emballages plastiques, du gaspillage alimentaire, de la consommation d’énergie dûe au stockage,
  • sensibilisation des consommateurs et des producteurs,
  • et un acte d’achat qui résonne pour certains consommateurs comme un parti pris. 

« On qualifie d’impossible les choses que l’on n’a pas vraiment envie de faire. » Mike Horn

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